Comment se faire des amis japonais au Japon ?

Chaque année, des milliers de français se rendent au Japon pour du tourisme, voire pour travailler et étudier. Si la plupart d’entre eux accomplissent un rêve d’ado en visitant le “pays du manga”, beaucoup gardent quand même un sentiment d’inaccomplissement. Les japonais seraient trop froids, réservés, trop sérieux et pas assez avenants.
En réalité, pour avoir parlé avec beaucoup de japonais de 20 à 80 ans (oui !), les japonais ont en fait très très envie de parler avec des étrangers. Mais ils sont hyper timides car complexés par leur niveau d’anglais. En tant que français, vous devriez comprendre 👀
Il faut simplement les mettre en confiance et leur montrer que de toute façon, vous n’êtes ni anglais ni américain, l’anglais n’est pas votre langue maternelle et que vous aussi vous galérez (même si c’est pas forcément vrai).

La base : auberge de jeunesse

Au quotidien on y croise beaucoup d’autres pensionnaires et on peut même partager des moments dans les endroits communs comme la salle à manger ou le jardin.

“Des japonais dans une auberge de jeunesse ? En France on croise rarement des français dans les auberges de jeunesse !”

À Tokyo en particulier, c’est courant de croiser des locaux dans les auberges de jeunesse (souvent appelées guest-house et hostels en Asie). Il y a toutes sortes de raisons : les salariés qui n’ont pas eu le temps de rentrer chez eux, les jeunes qui souhaitent rencontrer des étrangers, ceux qui sont un peu “hors du système” et qui fuient le schéma classique de leurs parents etc… De notre côté, nous avons rencontré beaucoup d’artistes dans notre auberge de jeunesse préférée de Tokyo : un ami du créateur de Kirby, une danseuse hip-hop, une photographe talentueuse, et même deux comédiens du genre traditionnel “Kabuki” ! Ils sont devenus nos amis et gardons avec eux encore aujourd’hui de bonnes relations, on vous en parlera bientôt 😬

Le meilleur exemple est l’heure du dîner : chacun mange sa préparation et de temps en temps, les japonais qui veulent mettre en pratique leur anglais tenteront de casser la glace avec vous. Mais c’est assez rare (ou alors il leur faut un peu d’alcool…). Il vous sera bien plus facile à vous de casser la glace surtout si vous mettez en place ces trois conseils :

  1. Complimentez ce qu’ils mangent en japonais avec un petit sourire : “Oïshi so“, ce qui veut dire “ça a l’air bon”. En général, ils sont un peu surpris que vous connaissiez ce terme et essaieront de continuer la conversation en japonais… et c’est super drôle ! Ça permet d’échanger quelques sourires et si vous êtes doué.e, vous pourrez grâce à Google Trad (ou en mimant) échanger des blagues, et même parfois en savoir un peu plus sur leur situation.
  2. Faites leur des crêpes ! C’est un des rares éléments de la culture française qu’ils arrivent à associer à la France (souvent ils confondent avec l’Italie), et vous aurez votre moment de gloire 😎
    Tokyo est plein de crêperies rapides de rue hyper sophistiquées, tentez de leur faire découvrir une version plus traditionnelle avec du beurre (vous en trouverez surtout dans les hyper marchés comme Maruetsu).
  3. Proposez des jeux de société qui ne nécessitent pas de parler la même langue comme le Jenga. Fous rires garantis !
crêpes au japon
Avec le petit pot de confiture du Family Mart, c’est pas des blagues !

Lors de notre séjour, nous sommes restés plusieurs semaines dans une auberge de jeunesse tenue par notre ami Kuniyoshi : WTH Ueno. Qui est donc située… à Ueno, petit quartier populaire du nord de Tokyo situé entre Akihabara le quartier jeux-vidéos/mangas, et Asakusa le fameux quartier traditionnel et ancien, réputé pour son temple notamment.

Faire du Helpx

Tout d’abord, cette technique est réservée à ceux qui restent au moins un mois voire plus au Japon. Le Helpx permet aux Helpers de bénéficier d’un logement gratuit en échange de bénévolat où ils sont accueillis. Les hôtes renseignent les conditions d’hébergement et de tâches à effectuer, et si vous êtes d’accord, vous êtes mis en relation.

Au Japon, le Helpx n’est pas très bien rentré dans les moeurs, les autorités pouvant considérer les corvées effectuées comme du travail dissimulé. Si vous n’avez pas de visa PVT et que vous “travaillez” selon la police, vous serez probablement expulsé·e et votre hôte aura sûrement de gros problèmes avec les autorités. Ainsi, pour être en conformité avec les autorités locales et ne prendre aucun risque, les tâches proposées ne sont pas très fréquentes ni très complexes comparé à l’Australie ou l’Afrique du Sud par exemple. On pourra vous proposer de promener des chiens tous les jours, de pratiquer une langue étrangère avec votre hôte ou encore de tenir compagnie à une ou plusieurs personnes âgées.

Pour notre part, nous avons failli accepter une mission de Helpx, mais la première vague de coronavirus venait de démarrer au Japon. Le temps d’en savoir un peu plus sur le virus, la plupart des hôtes avaient suspendu leurs offres.

Une rue à Magome, au Japon
📍 Magome, Gifu. Le genre de village où j’aurais aimé faire du WWOOFing.

D’autres alternatives au Helpx existent, par exemple le WWOOFing, et le couchsurfing. Le WWOOF est un échange de votre travail contre le gîte et le couvert dans des fermes, et le couchsurfing est la gratuité totale de l’hébergement sans contre partie. Le couchsurfing est préférable si vous restez peu de temps, mais il vous faudra bien poser vos dates longtemps à l’avance car le Japon est une destination très prisée.

Parlez aux restaurateurs

Ils sont ceux qui croisent le plus de monde, mais même en plein Tokyo, au coeur d’une des villes les plus denses et stressées du monde, vous trouverez de petites échoppes un peu moins sollicitées que la moyenne. Que ce soient des izakayas (brasseries/bars), ramens, ou encore chaînes de restauration rapide japonaise (type Tendon Tenya ou Matsuya), vous pouvez tenter votre chance partout où on mange.
Ainsi, si vous avez devant vous un restaurateur qui n’est pas trop fatigué, commandez votre plat, mangez, et ne soyez pas chiant·e, surtout 😬
Au moment de partir, un petit sourire, une inclinaison, et un grand “OISHI” fera certainement plaisir à celui qui vous a préparé votre repas. Vous pouvez ensuite s’il n’y a pas d’autres clients discuter un peu, en savoir plus sur la personne, et pourquoi pas en faire un ami ! On dirait que ça marche surtout chez les échoppes de râmen en tout cas !

Petit restaurant de Ramen à Tokyo
Mon Râmen préféré à Tokyo 😭

Pour résumer, allez vers les autres

Au final, c’est le seul conseil qu’on devrait vous donner si on devait résumer. Les japonais sont rarement extravertis, c’est donc à vous de les aider à vous connecter ensemble.
N’hésitez pas aussi à faire la connaissance d’autres voyageurs étrangers ou d’expatriés, certains d’entre eux ont déjà fait la connaissance de locaux et peuvent faire les présentations ! Grâce à un couple de Suisses, on a failli rencontrer un ancien Yakuza à qui il manquait 4 doigts… On essaiera de le rencontrer une autre fois 😩

On n’est peut-être pas assez allés en profondeur, s’il vous manque des détails, n’hésitez pas à nous le demander par commentaires 😉

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